Du doute et de la frustation

D’habitude, cela suffit. Cela suffit même dès la première fois. Mais là j’ai eu beau faire les gros yeux, plusieurs fois – rien à faire.
Contre mes principes, je me suis interrompue pour réprimander les bavards rigolards.
Je me suis interrompue à nouveau, pour les disperser. Autant éparpiller des braises dans la forêt. Je n’avais plus un mais trois foyers de chuchotements, rires, coudes dans les côtes…
Tout en continuant à lire, plutôt mal il est vrai, j’avais une petite conversation avec moi-même: “Chère Nouchka, discutons donc des options qu’il nous reste…”

J’ai refermé le livre et j’ai dit: “Ça suffit.”

Pas d’histoire aujourd’hui.

Je me sens dépassée. Et vieille, même si ça n’a rien à voir. J’ai l’impression d’avoir perdu quelque chose. Échec, comme un jeu où, passé un certain nombre de mouvements, je ne peux plus bouger. Où je me suis mise en position de ne plus pouvoir bouger. J’ai mal joué.


La joie par les livres

Il y a trois règles d’or.
Ouvrez grand les yeux, pour ne rien louper des illustrations.
Ouvrez grand les oreilles, pour savourer chaque mot.
Fermez la bouche et jetez la clé, pour me laisser raconter.

A moins… à moins que vous n’ayez envie de rire – si vous trouvez l’histoire drôle bien sûr. Proposition qui les fait rire instantanément. Ils se bidonnent, ils se forcent jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus s’arrêter.
Mais… mais…
Je me sens très démunie. Pourquoi riez-vous, alors que je n’ai encore rien dit?

Eh bien, ils rient parce que je leur ai annoncé une histoire drôle. J’ai un bon public, coopératif, volontaire.

Qu’est-ce que ça va être quand je vais raconter…
En fait, ils continuent à rire, pas forcément aux bons endroits, mais leur bonne volonté ne s’émousse pas. Leur rire se nourrit lui-même. C’est une séance très joyeuse, et complètement ratée.

La quatrième règle d’or est pour la raconteuse.
Surprend-les.


Une leçon mortifiante

Le jour où, après avoir raconté une histoire de tarte aux fruits, j’essayai de convaincre les enfants d’apporter des cerises du jardin à la bibliothèque, une choupette d’environ quatre ans me fit remarquer, doigt pointé sur le pictogramme “interdiction de manger à la bibliothèque”, que ce n’était pas possible.

Certes.

Mais les cerises, quand même, on devrait pouvoir.


Bousculer les règles

Dix feuilles volantes, Anne Möller, L’école des loisirs, coll. Archimède, 2009

Au pied du ficus qui n’aime pas son pot, je ramasse dix feuilles jaunes. “Quelle honte!”, me dit ma collègue. “Profiter de l’ignorance de ces tout-petits…” Elle a raison. Mais je n’avais pas de saule sous la main.

Alors je m’assois dans le fauteuil, d’un rose un peu dégueu à force d’être vieux. J’ouvre l’album, et je raconte aux mômes l’histoire des dix feuilles au destin fabuleux. Car ces feuilles mortes, arrachées à une branche de saule par le vent, vont sauver une sauterelle de la noyade, décorer des lampions, nourrir un feu, compléter un nid d’écureuil… La dernière, elle, va tout simplement tomber au pied de l’arbre, là où les vers la mangeront, et la transformeront en humus qui nourrira le saule. Et au printemps suivant, dix nouvelles feuilles auront poussé sur la branche.
La feuille préférée des enfants c’est celle, ramassée dans le parc, qui sert à noter un numéro de téléphone. Ainsi, quand on n’a pas de feuille de papier, on peut se servir… d’une simple feuille? L’idée leur fait ouvrir de grands yeux.

L’histoire est jolie, n’est-ce pas? Quant aux illustrations, pêle-mêle de peintures, dessins, collages de papiers déchirés, elles méritent que l’on s’y attarde un peu plus que le texte, très court, n’en donne l’occasion. Juste pour le plaisir de remarquer les gueules des carpes affamées qui guettent la sauterelle, la rencontre des jeunes gens qui promènent leurs chiens, les jolis bateaux sur l’eau…

Et l’on pourrait s’arrêter là, et ce serait déjà une belle façon de parler aux deuxième année de maternelle de la poésie de l’automne, des cycles de la nature, et des crottes des vers de terre. Mais aujourd’hui, au diable les traditions, au diable les trois règles d’or, aujourd’hui j’ai une pleine poignée de feuilles (de ficus, oui… côte à côte, je vous défie de les distinguer des feuilles de saule). Et pour chaque feuille dont je raconte l’aventure, j’en donne une à un enfant. Les premiers “élus”, déstabilisés par cette audacieuse initiative, n’osent pas, hésitent… Ensuite, l’histoire se noie un peu dans l’enthousiasme général. Moi! moi! moi! Mais à la fin du conte, la plupart des enfants viennent me rendre leur feuille: à leur âge, on ne plaisante pas avec le matériel pédagogique.

Ce que ça apporte? Rien du tout. Un peu de pagaille, un grain de fantaisie.

Le conseil du jour: il n’y en aura pas pour tous, soyez cynique. Parmi tous ces enfants, il y en aura toujours un ou une pour avoir les yeux particulièrement brillants, beaucoup de choses à dire, un grand besoin d’attention. Donnez-lui la première feuille – ensuite, vous pourrez distribuer le reste aux plus discrets… Je vous assure, c’est un bon calcul: vous éliminez d’entrée la pire source de perturbation possible, et vous remplissez son grand petit cœur en manque. Au moins pour une heure.

 

Dix feuilles volantes, Anne Möller - L'école des loisirs, coll. Archimède, 2009


Grapiller les miettes, au banquet de la connaissance

Temps et espace, de l’Antiquité à nos jours, par Carlo Rovelli, éd. De Vive Voix, 2007

Ceci n’est pas un résumé, pas une critique, pas une chronique. Ce ne sont que quelques notes, inspirées d’une “lecture” largement mal comprise et mal digérée, d’un documentaire audio: Temps et espace. Je ne prétends pas avoir assimilé la réflexion développée dans ce qui ressemble fort à un cours pour débutants, et n’est déjà pas à ma portée. Mais je trouve amusant de lister ici ce que j’en ai retiré, erreurs comprises, tant que cela garde un peu de fraîcheur dans ma mémoire.

- Notre culture et nos connaissances ne seraient rien sans les Grecs, lesquels avaient apparemment la faculté rare et merveilleuse de remettre en question ce qu’ils croyaient savoir. Désapprendre pour reconstruire des théories plus complexes, plus harmonieuses, plus près de la vérité. Cela reste valable pour tous les grands penseurs, théoriciens, mathématiciens et philosophes qui ont vécu par la suite, mais honneur aux premiers, pour lesquels c’était plus difficile.

- Par ailleurs, aucune théorie expliquant le temps et/ou l’espace, si satisfaisante soit-elle en apparence, n’est juste. Chaque nouvelle théorie est simplement un peu moins fausse que les autres. Le relevé d’une carte de plus en plus précise, dit Carlo Rovelli. Comparaison éclairante et belle.

- Newton est, de tous, le plus cher à ma raison. Dépassé depuis un bon siècle, mais tant pis. Le monde qu’il décrit est celui dans lequel je vis. On est quelque part à un moment donné. Puis ailleurs. C’est la carte avec laquelle je m’oriente le mieux.

- Les deux (immenses) découvertes du XXème siècle sont la théorie de la relativité générale d’Einstein, et la physique quantique. Mes représentations mentales de ces deux théories désespèreraient probablement leurs auteurs, et leurs disciples même les moins brillants.

- Les mathématiciens définissent le monde/l’espace/l’univers/la matrice avec des équations. Ce qui m’émerveille et en même temps me terrifie vaguement, mais passons. Newton a introduit dans ses équations/définitions la variable t: le temps. Mais quand on applique la physique quantique (ces petits grains d’espace qui ne sont pas de l’espace) à la théorie de la relativité, cette variable t disparaît. On n’en a plus besoin. Le temps est une commodité.

- Car le temps n’existe pas. Cette succession de moments, cette flèche qui part d’origines obscures et se perd sur un horizon hors de vue, cette perception est une illusion de nos sens aveuglés. Il faudrait la ranger avec “La Terre est plate“, “Le Soleil tourne autour de la Terre“, “La Terre est au centre de l’Univers“, etc. Je ne pourrai jamais, jamais me représenter un monde sans temps – et cela me fait mal. Même si, à vivre, cela ne change rien.

- Je me demande si cela rend le “voyage dans le temps” enfin possible (avec ce que je comprends de la théorie newtonienne, à mon grand regret, il ne l’était pas). Peut-être, après tout? On ne peux voyager dans quelque chose* qui n’existe pas. Mais paradoxalement, cela facilite peut-être le déplacement – dans autre chose.

Cette lecture m’a bouleversée. Non, le mot n’est pas trop fort.

_______________________________________________________________
* J’ai conscience d’avoir réduit le temps à “quelque chose”. C’est fou, ou c’est moi?


Lire tout haut, lire deux fois

Le plus beau des Noëls, Chih-Yuan Chen, Nathan, coll. Album, 2006

Noël s’annonce triste pour la famille de Petit Ours. Papa est au chômage, il n’y aura pas de cadeaux pour les enfants. Mais chacun fait de son mieux: avec quelques branches couvertes de farine, et des guirlandes découpées dans de vieux habits, la maison a tout de même un air de fête. Petit Ours, lui, ne veut pas croire que le Père Noël les oubliera. Au matin, il est le premier levé. Et au pied du “sapin”, il y a de petites empreintes dans la farine… et un paquet pour chacun. Le chapeau que Papa avait perdu un jour de vent; le bouton égaré de la robe préférée de Maman, plus précieux qu’un bijou; le parapluie que Grande Sœur avait oublié au parc; le cerf-volant déchiré de Grand Frère, à présent réparé et comme neuf; et le gant de base-ball de Petit Ours, frotté, astiqué, ciré. Un Noël parfait pour la famille Ours, le plus beau de tous.

La fin est un soulagement pour les enfants auxquels je lis l’histoire: certains avaient le cœur brisé par le chômage du Papa et ce Noël sans cadeaux. Mais… que s’est-il vraiment passé?

Eh bien, ce sont les parents qui ont déposé les cadeaux!
Non, c’est le Père Noël!
Mais ce n’est pas possible, les empreintes sont trop petites! Alors c’est Petit Ours!
Mais non, ce sont les lutins du Père Noël!

Ça en fait des idées… qui a raison? Voyons, qui a reçu quoi en cadeau? Récapitulons, et regardons à nouveau le livre, sans lire… et sans parler!

Pendant que Papa et Maman Ours discutent et décident de ne pas faire de cadeaux cette année, Petit Ours passe au fond de la pièce, portant une pile de cartons d’où dépasse le manche d’un parapluie.
ooooooooOOOOOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooohhh!

Assise à sa machine, Maman Ours coud des guirlandes; Petit Ours joue au pied de sa chaise et ramasse le beau bouton bleu de sa robe.
ooooooooOOOOOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooohhh!

Quand Papa sort ramasser des branches et que le vent emporte son chapeau, l’ombre d’une petite tête aux oreilles rondes le suit dans la rue.
ooooooooOOOOOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooohhh!

Ainsi, on feuillette à nouveau tout l’album. Je tourne les pages, lentement. Excités et émerveillés par les révélations de cette seconde “lecture”, les enfants ont bien du mal à ne pas formuler tout haut ce qu’ils comprennent. Nous le ferons dans un troisième temps, en revenant sur chaque personnage, chaque situation, chaque cadeau. Pour l’instant, de grandes vagues de Oh! et de Ha! viennent jusqu’à moi, et j’ai un sourire immense. C’est beau à voir, beau à entendre. Et Petit Ours, si généreux, si attentionné, est tout simplement formidable.

* * *

J’ai testé l’histoire sur deux classes. Je n’aime pas beaucoup raconter plusieurs fois d’affilée le même album, mais les chouettes histoires de Noël ne remplissent pas les bibliothèques. Conclusion, l’histoire marche parfaitement en CE1, un peu moins en CP – et ce n’est pas qu’une question de circonstances, d’attention des enfants et d’excellence de la raconteuse. Réconcilier les non-dits du texte et les arrière-plans de l’image demande une maturité que les enfants du CP, en décembre, n’ont pas tous. La classe de CE1, par contre, fait preuve d’une belle unanimité. Semer une graine, la voir germer… c’est là l’un des superbes pouvoirs des bibliothécaires.

* * *

Et les qualités du livre, dans tout ça? Eh bien, si je le lis aux enfants, c’est déjà que je l’ai aimé. Générosité, débrouillardise, créativité: l’histoire met joliment en scène l’esprit de Noël. Ce “petit bonhomme Noël” auquel les enfants peuvent s’identifier est au moins aussi attachant que le vieux barbudo. Et l’histoire, en plus d’être très maligne, est positive sans mièvrerie.  Quant aux illustrations, elles sont d’une fausse simplicité bluffante. Au premier coup d’œil, on ne voit que des ours tout en rondeurs, dans une palette de couleurs douces et éteintes qui change agréablement de l’iconographie des Noëls traditionnels. En fait, les ours sont dessinés sur un très joli papier brun, les éléments du décor sur divers papiers et cartons, en mélangeant les techniques (crayonné, peinture, brossage), puis les silhouettes sont découpées et collées sur d’épais papiers (des cansons?) ombrés de bruns et de gris qui font ressortir leur texture. La technique est superbe, les ressources des supports merveilleusement exploitées… mais ça, ce sont des détails à savourer… à la revoyure.

Le plus beau de tous les Noëls, Chih-Yuan Chen - Album Nathan, 2006



Ce que la vie demande à la littérature

Max fait le poids, c’est une bédé. Enfin, ce sont des dessins dans des cases, et des dialogues dans des bulles. Avec des tonnes de rose, de violet et de photoshop. Max fait le poids, c’est à la bédé ce que les ravioli en boîte sont aux pâtes. Alors pourquoi l’avoir acheté, ce livre? C’tte question! Parce qu’une lectrice nous l’a demandé. Et que les bibliothécaires ne sont pas forcément, ou pas tout le temps, des dragons gardant les cavernes du savoir.*

Et cette lectrice sera probablement contente, parce que ce qu’elle veut, c’est de la diététique pédagogique pour les mômes. Et, c’tte chance, MFLP, ça en est. De la diététique pédagogique. Ça explique aux mômes – les grassouillets, bien sûr – comment perdre du poids, et comment le perdre bien et durablement. La réponse est la même que dans n’importe quel magazine dit féminin: alimentation équilibrée et sport, pour faire vite. Ah si, quand même, un conseil pas ordinaire: se lancer dans le ménage pour son triplement cool effet: on bouge on se dépense on brûle des calories, certes, mais du coup avec une belle logique, waouh la chambre est propre, et… cerise, c’est Môman qu’elle va être contente, ça va lui faire bien plaisir que son grand garçon ait passé l’aspirateur (à sa place) (parce que visiblement, Pôpa ne le fait pas) (chacun son rôle, non mais).

Par ailleurs, cela finit bien. Maxou, à la fin du livre tout mince tout normal, peut jouer au foot sans handicaper son équipe, du coup il est enfin invité aux fêtes des autres gamins (devenus ses amis), et il s’y trouve une amoureuse, et tout le monde l’aime, et puke puke puke, zut j’en ai mis partout, mais vraiment il y a de quoi: hors d’une hygiéniste et normative sveltesse, point de vie sociale, amoureuse n’en parlons pas. Et puisque faire un régime est facile, quel genre de personne, quel que soit son âge, pourrait bien refuser , volontairement en somme, de s’intégrer à notre belle société? Vous je n’sais pas, mais moi ce discours, je trouve ça gerbant.

Bref, nous l’avons acheté. Et puis quelques jours plus tard, parce que la vie n’est pas si mal faite, une autre lectrice est venue me demander un livre qui soit… tout le contraire de Max fait le poids. Pour “expliquer” à son fils qu’il peut être heureux avec tous ses kilos, que cela ne doit pas le déprimer, qu’il a plein de qualités, que d’ailleurs ce n’est pas un défaut puisque la minceur n’est pas un critère de valeur, et que la dichotomie potelés/maigrichons n’est pas une façon pertinente de définir l’être humain. Enfin, elle ne l’a pas dit exactement comme ça, mais bon, c’était l’idée. Alors bien sûr, je l’aurais volontiers embrassée, cette lectrice. Et je vais le chercher, ce bouquin idéal – même si je ne suis pas sure que quelqu’un l’ait écrit.

Mais cela ne me console pas.

Car il me semble que c’est, encore, demander à la littérature d’être un médicament. Ou une thérapie. Dix pages trois fois par jour pendant huit jours, avant les repas. Bon, ce serait horrible, mais pratique. Par chance, ça ne marche pas.

Si un jour vous attrapez la grippe, tyrannisez votre entourage pour que quelqu’un, assis à votre chevet comme dans un Simenon, vous lise un roman à voix haute. Ce sera tout aussi bon qu’un grog, et cela ne vous guérira pas davantage. Même si par la suite, le souvenir du roman sera indissociable de cette semaine fiévreuse.

Je crois que je m’égare. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’aucune fiction ne vous aidera à maigrir, ni ne vous rendra plus heureux – du moins pas directement. Un roman pourra vous bouleverser, cela arrivera. Mais il est vain, illusoire, et dommage aussi, de demander à la littérature d’être si peu utile que ce soit. Ce n’est pas sa fonction. Car les livres ont toutes les réponses, c’est vrai. Mais si vous avez des questions, lisez plutôt des documentaires.

____________________________________________
*Et puis aussi et surtout parce qu’on ne l’avait pas lu. Avant. De l’acheter.


Lire tout haut, lire tout bas

Je voudrais que le travail soit aussi brillant que le rêve. Car dans mon sommeil, je vole. Et j’essaie aussi de sauver le monde grâce à des bastons aériennes. Parfois, je marche avec les morts. Quelques heures par jour, j’ai un superbe pouvoir. Et si c’est pendant mon sommeil, au fond, cela ne change rien.

Ces nouvelles possibilités qui frémissent au bout de mes orteils, au réveil je les emporte avec moi; tout le jour, j’abrite un petit soleil contre mon cœur. Mais les heures passent, et sa lumière s’émousse. Je soupire. “Dire que cette nuit, je volais…”

Pour que le travail soit à la hauteur, il me faudrait être une superbe bibliothécaire. Expérimenter des sensations inédites en filmoluxant des romans. C’est un exemple. Quand ça arrive, c’est plutôt en lisant des histoires aux enfants. Pas le vol, non – mais le pouvoir superbe. Et la grisante sensation de, si minusculement que se soit, changer le monde.

J’en reparlerai.


La renégate

- Mais dites-lui donc, vous! Oui, vous, madame la bibliothécaire. Dites-lui donc à cet enfant que l’on trouve tout et n’importe quoi, sur internet, que ce n’est pas fiable. Dites-lui donc que c’est mieux de chercher dans les livres!
- Mais dans les livres aussi on trouve tout et n’importe quoi, susurré-je en battant de mes longs cils de bibliothécaire. Ce n’est pas plus fiable parce que c’est imprimé dans un livre.

Silence. Offusqué et définitif.
Décidément, même dans les bibliothèques on trouve tout et n’importe quoi – y compris des bibliothécaires pas fiables pour deux sous.


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.